Le pardon en toute humilité
Je me souviens d’un temps où la dimension du pardon était associée presque uniquement à la conception religieuse. Depuis, heureusement, les psychologues ont reconnu que le pardon était un remède essentiel à la guérison de la souffrance intérieure trop souvent synonyme de rancœur, de désir de vengeance et de ressentiment. Certaines manières de voir l’offense sont particulièrement aidantes pour cheminer en vue d’en arriver à vivre un pardon sincère : si je parviens à reconnaître l’offenseur comme une personne portant ses propres blessures ou un héritage génétique dont je ne connais pas toute la dramatique; si je puis analyser la situation dans son aspect plus rationnel qu’uniquement émotif; si je suis capable de faire cesser l’offense et si mon cœur est plus enclin à l’amour plus qu’à la haine.
Un Pardon donné libère le cœur et le corps…
Par contre, il ne faut pas mélanger pardon et oubli. C’est important de se souvenir des affronts reçus puisque ce souvenir agit comme protection face à des situations similaires qui pourraient survenir. Par expérience personnelle, je peux affirmer qu’un pardon donné libère le corps, l’esprit et je dirais l’âme de la colère, de la tentation de punir et de malaises ressentis. Recevoir le pardon est aussi vivifiant et libérateur que de le donner. Il serait illusoire de penser que je n’ai jamais blessé personne.
Par bonheur, nous les chrétiens avons l’exemple de Jésus Christ qui a véhiculé le pardon jusque dans les limites du possible. Il suffit de se rappeler deux paroles percutantes prononcées à la fin de sa vie : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font », au sujet de l’attitude des soldats qui le maltraitaient. Ensuite, sur la croix, au larron qui exprimait le désir de le joindre, il dit : « Aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le Paradis ».
Quelle chance de connaître un si bon Maître !
Fraternellement vôtre
Marcel Delage, retraité
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